jeudi 9 octobre 2008

De retour

Après plusieurs mois sans donner de nouvelles, nous voilà à nouveau. Ce ne sont pas les sujets qui manquent, pas mal de choses changent et pourtant on pourrait facilement se plaindre que ça ne bouge pas assez. On s'entend: une crise financière qui a commencé ici, aux États-Unis, et qui s'étend au reste du monde, fait la une de tous les journaux jour après jour avec chaque fois en première page un diagramme qui figure une flèche vers le bas. Ça va mal, et ça ne fait que commencer. Il serait temps de s'en rendre compte, la crise a commencé il y a longtemps, la récession aussi et les économistes sont généralement les derniers à l'admettre. Mais voir le pays capitaliste par excellence considérer nationaliser une partie du système bancaire américain - oui, nationaliser- et lire ses grands médias concéder qu'il y a un problème (le NY Times par exemple), cela amène un peu de changement; mais tout de même on n'y va pas au fond du problème, et cela est en soi signe que peu de choses changent. 
Admettons-le, cette crise est un signe que  les choses vont très mal depuis longtemps, que le système est faussé à la base. Quasiment personne ne concède que les racines du problème sont à chercher dans les idées fondatrices d'un personnage tel que Milton Friedman. Naomi Klein, auteure de The Shock Doctrine, a récemment donné une lecture à l'université de Chicago pour opposer la création d'un centre de recherche économique nommé après le plus fameux des économistes de l'université où elle dénonce le fait que la philosophie que prônait Friedman promeut le genre de dérégulations qui nous a  tous mené à la crise qui jour après jour se déploie. Selon elle, la crise de Wall Street devrait être pour le néolibéralisme ce que la chute du mur de Berlin fut pour le communisme. Friedman n'a pas pensé un système qui marche mal, c'est au contraire un système qui jusqu'ici a bien marché pour les corporations, les industries, etc. Ses idées furent profitables.
De tels propos ne figurent pas dans les journaux "main stream". Mais ils reflètent ce que beaucoup pensent, intellectuels ou non. Comme Noam Chomsky m'a dit récemment dans un email - mots qu'il tient régulièrement pour décrire l'économie américaine -, nous sommes dans un  système où les coûts et les risques sont nationalisés, et les gains et profits privatisés. Qu'est-ce que cela veut dire? Que ce sont toujours les mêmes qui paient (les moins riches) et les mêmes qui sont protégés (les plus riches). Sauf peut-être dans le cas d'une crise majeure. Et il semble que l'on y va tout droit...
Du côté de la politique, beaucoup de mots, de discours, de campagnes électorales, de dénoncements, d'attaques et autres, mais peu de changements. Entre Obama et McCain, l'un est pire que l'autre, mais l'autre n'est pas vraiment bon. Ou plutôt n'est vraiment pas bon, surtout lorsqu'il s'agit de politique étrangère. De la guerre, toujours de la guerre, toujours plus de guerres comme solution. Tout cela, bien sûr, en opposition avec la large majorité du public américain. Les sondages le montrent, les Américains veulent de la diplomatie, la fin de la guerre - des guerres -, un système de santé nationalisé (même si le mot "nationalisation" ou "socialisation" fait peur), des politiciens devant la justice, etc.  Plus dans le prochain post...

Aucun commentaire: